Les déformations des orteils latéraux concernent les orteils du 2ᵉ au 5ᵉ. Elles se situent dans le plan horizontal et/ou vertical et entraînent des zones d’hyper-appui douloureuses (« cors », « durillons »).
Elles sont fréquentes, gênantes dans le chaussage et parfois très douloureuses.
Anatomie
Chaque orteil est constitué de 3 phalanges articulées entre elles et avec le métatarsien correspondant :
- MTP : articulation métatarso-phalangienne,
- IPP : articulation inter-phalangienne proximale,
- IPD : articulation inter-phalangienne distale.
Les articulations sont stabilisées par une capsule articulaire et la plaque plantaire.
Leur mobilité est assurée par les tendons fléchisseurs (plante) et extenseurs (dessus).
Les orteils possèdent une innervation riche, expliquant la douleur souvent intense en cas de pathologie.
Types de déformations
- Clinodactylie : déviation horizontale (orteil qui part en dedans ou en dehors),
- Orteil en marteau : flexion touchant l’IPD,
- Déformation en flexion complète : flexion de l’IPP et de l’IPD,
- Elles peuvent être réductibles (souples) ou fixées (irréductibles).
Ces déformations sont parfois isolées, parfois liées à une atteinte du gros orteil (ex. hallux valgus) ou à une pathologie générale (neurologique…).
Symptômes
- Douleurs dues aux hyper-appuis anormaux,
- Cors et durillons (dorsaux, pulpaires ou inter-orteils → « œil de perdrix »),
- Gêne au chaussage,
- Risque d’ulcérations, parfois compliquées d’infections (arthrite, ostéite, phlegmon).
Diagnostic
- Examen clinique : observation de la déformation et des zones d’hyper-appui,
- Radiographies : étude des os et articulations,
- Échographie, scanner, IRM : si besoin pour plaques plantaires et tendons.
Traitements non chirurgicaux
- Chaussures larges et souples, adaptées,
- Semelles orthopédiques (pédicure-podologue),
- Orthoplasties (petits tuteurs correcteurs sur mesure),
- Rééducation et exercices d’étirement,
- Soins réguliers de pédicurie.
Ces traitements soulagent mais ne corrigent pas la déformation.
Traitement chirurgical
Indiqué en cas de gêne importante, de douleurs persistantes ou d’échec du traitement conservateur.
Principes
Deux approches possibles :
- Chirurgie conventionnelle (« à ciel ouvert ») : correction par une incision de quelques centimètres,
- Chirurgie percutanée : petites incisions de quelques millimètres, gestes sous contrôle radiologique.
Techniques
- Gestes osseux : ostéotomie de raccourcissement ou de réorientation, résection arthroplastique, arthrodèse (blocage), prothèses articulaires, résection des têtes métatarsiennes, arthrolyse, réparation des plaques plantaires, voire amputation (cas extrêmes).
- Gestes tendineux : ténotomie (section), allongement tendineux, transferts tendineux.
Matériel possible : vis, broches, plaques, implants (métalliques ou non), parfois temporaires.
Anesthésie et hospitalisation
- Anesthésie locale, locorégionale, rachidienne ou générale selon le geste,
- Hospitalisation le plus souvent en ambulatoire (une journée), parfois quelques jours,
- Durée opératoire variable : de quelques minutes à 1 heure.
Suites opératoires
- Douleur : variable selon le geste, contrôlée par antalgiques,
- Appui : généralement permis avec une chaussure post-opératoire,
- Œdème : fréquent, traité par repos, surélévation et contention,
- Pansements : doivent rester secs et propres,
- Rééducation : débute après cicatrisation, adaptée au type de geste.
Résultats attendus
Objectif : retrouver des orteils à plat avec contact pulpaire au sol, permettant un chaussage indolore.
Résultat optimal pour les déformations légères à modérées. Pour les formes sévères, l’objectif principal est un chaussage confortable.
Risques
- Raideur articulaire,
- Mauvaise consolidation ou absence de consolidation osseuse,
- Douleurs chroniques ou algodystrophie,
- Infection, troubles de cicatrisation,
- Déplacement ou casse du matériel chirurgical,
- Complications thrombo-emboliques (phlébite, embolie pulmonaire),
- Complications liées à l’anesthésie ou aux médicaments,
- Complications de voisinage (nerfs, tendons, vaisseaux),
- Influence du tabac (risques cicatriciels et de consolidation),
- Récidive possible.
Questions fréquentes
- Peut-on opérer les deux pieds en même temps ? → Parfois, selon la technique et l’état du patient.
- La douleur et l’arrêt de travail seront-ils plus longs si on opère les deux pieds ? → Pas forcément, sauf complication.
- Conduite après l’opération ? → Déconseillée tant que la chaussure médicale est portée.
- Œdème post-opératoire, est-ce normal ? → Oui, fréquent et souvent bénin, sauf s’il s’accompagne de douleur importante.
- Fièvre ou anomalie de cicatrice ? → Peut être signe d’infection, nécessite de consulter rapidement.
- Douleur du mollet ou oppression respiratoire ? → Peut révéler une phlébite ou une embolie pulmonaire, urgence médicale.
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