L’ongle incarné

L’ongle incarné est une pathologie fréquente, touchant surtout le gros orteil.
Il correspond à la pénétration du bord de l’ongle dans la peau du bourrelet latéral, entraînant douleur, inflammation et parfois infection.


Anatomie

  • Ongle normal : lisse, transparent, convexe, reposant sur un lit unguéal homogène.
  • L’appareil unguéal comprend :
    • l’ongle,
    • la matrice unguéale (assurant la croissance),
    • le lit unguéal.
  • L’ongle est bordé par des bourrelets péri-unguéaux, zones sensibles aux conflits.

Causes (Pathologie)

Facteurs favorisant :

  • Mauvaise coupe de l’ongle,
  • Chaussures trop serrées,
  • Transpiration excessive,
  • Traumatismes répétés,
  • Forme anormale de l’ongle,
  • Conflit mécanique lié à la position de l’hallux ou des petits orteils.

L’ongle incarné évolue en 3 stades :

  1. Inflammation,
  2. Infection,
  3. Botriomycome (bourgeon charnu).

Symptômes (Clinique)

  • Douleur localisée sur le côté de l’ongle (surtout hallux),
  • Rougeur, chaleur, gonflement,
  • Douleur aggravée par les chaussures serrées ou la pression,
  • En cas d’infection : bourgeon charnu, écoulement purulent, douleur intense.

Diagnostic

  • Principalement clinique.
  • En cas de doute ou complications : radiographie ou bilan sanguin (recherche infection profonde, ostéite).

Traitements médicaux

  • Soin podologique : coupe correcte de l’ongle, désépaississement, hygiène,
  • Orthonyxie : appareillage qui corrige la courbure de l’ongle,
  • Orthoplastie : espaceur supprimant le conflit entre orteils,
  • Antalgiques / soins locaux selon les cas.

⚠️ Sans traitement : risque d’aggravation, infection, botriomycome, voire ostéite (infection osseuse).


Traitement chirurgical

Indiqué en cas d’échec du traitement médical ou de stade évolué.

Principe :

  • Résection du bourgeon charnu,
  • Ablation de la partie de l’ongle responsable du conflit,
  • Incision à la base pour retirer la matrice unguéale correspondante (empêche la repousse conflictuelle),
  • L’ongle devient plus étroit, avec un bord rectiligne.

Si une déviation de l’hallux entraîne le problème, une correction osseuse (ostéotomie) peut être associée.

Hospitalisation

  • Majoritairement ambulatoire (sortie le jour même).

Anesthésie

  • Locale (orteil), locorégionale (jambe/orteils), rachidienne ou générale,
  • Transfusion exceptionnelle.

Technique

  • Durée : 30 à 60 minutes,
  • Garrot à la base de l’orteil,
  • Petites incisions selon la méthode,
  • Possibles points de suture ou cicatrisation dirigée.

Suites opératoires

  • Appui : souvent autorisé immédiatement, parfois différé selon constatations, avec chaussure postopératoire,
  • Œdème : fréquent, contrôlé par repos, surélévation, bas de contention,
  • Soins à domicile : pansements rigoureux, hygiène stricte,
  • Douleur : contrôlée par antalgiques simples,
  • Anticoagulants : parfois prescrits (prévention phlébite),
  • Consultations de suivi : cicatrisation, récupération fonctionnelle.

Retour à un chaussage standard en 2 à 4 semaines.


Résultats attendus

  • Suppression du conflit et de la douleur,
  • Ongle plus étroit, coupe rectiligne,
  • Risque de récidive si les consignes de coupe et chaussage ne sont pas respectées.

Risques et complications

  • Douleurs chroniques (rare, algodystrophie possible),
  • Infection persistante (parfois nécessité d’antibiotiques ou reprise chirurgicale),
  • Troubles cicatriciels (retard, désunion, nécrose cutanée),
  • Saignement post-opératoire,
  • Complications thrombo-emboliques (phlébite, embolie),
  • Complications de voisinage (nerfs, tendons, vaisseaux),
  • Complications médicamenteuses (anticoagulants, antibiotiques…),
  • Récidive (10 à 30 % des cas),
  • Facteur aggravant : tabac.

Questions fréquentes

  • Peut-on opérer les deux pieds en même temps ? → Parfois possible selon la technique et l’état du patient.
  • Douleur plus forte si deux côtés opérés ? → Pas forcément, mais suivi parfois plus contraignant.
  • Marche et autonomie ? → Appui souvent possible avec chaussure adaptée, parfois béquilles.
  • Conduite ? → Déconseillée jusqu’à cicatrisation complète et fin de port de chaussure postopératoire.
  • Œdème important ? → Souvent bénin, mais doit alerter s’il est douloureux.
  • Fièvre / cicatrice rouge / écoulement ? → Consulter rapidement (risque d’infection).
  • Douleur au mollet / gêne respiratoire ? → Urgence médicale (risque phlébite ou embolie).

📄 Pour plus de détails, consultez la fiche PDF complète :

https://www.afcp.com.fr/wp-content/uploads/2023/08/15_ONGLE_INCARNE.pdf