Les métatarsalgies regroupent l’ensemble des douleurs mécaniques ressenties sous l’avant-pied, au niveau des têtes des métatarsiens.
Elles peuvent être isolées ou associées à d’autres pathologies comme l’hallux valgus, les orteils en griffe, un pied creux ou une raideur de cheville.
Anatomie
L’avant-pied est constitué de cinq métatarsiens, prolongeant les os du médio-pied, et reliés aux orteils par les articulations métatarso-phalangiennes.
Ces articulations assurent :
- le glissement grâce au cartilage,
- la stabilité par la capsule articulaire et la plaque plantaire,
- la mobilité par les tendons extenseurs et fléchisseurs,
- la répartition des contraintes grâce aux sésamoïdes sous le gros orteil,
- la sensibilité par les nerfs sensitifs.
L’équilibre harmonieux de la longueur et de l’angle des métatarsiens permet une répartition régulière des appuis.
Pathologie
Les métatarsalgies résultent d’un excès de contraintes mécaniques sous l’avant-pied.
- Elles provoquent douleurs et durillons.
- Elles peuvent être diffuses (« pied rond antérieur ») ou localisées sous une seule articulation.
- Elles entraînent la dégradation des structures plantaires, notamment la rupture de la plaque plantaire.
- L’articulation devient instable et l’orteil peut se déformer (subluxation ou luxation).
- Le deuxième métatarsien est le plus souvent concerné.
Elles peuvent aussi résulter d’anomalies à distance : cheville raide, pied creux, rétraction du tendon d’Achille, séquelles post-traumatiques ou rhumatismales.
Symptômes
- Douleurs sous l’avant-pied, déclenchées à l’appui ou à la marche,
- Durillons et cors,
- Gêne au chaussage,
- Douleurs irradiant vers la cheville ou la jambe,
- Souvent calmées par le repos.
Diagnostic
- Clinique : recherche de douleurs, durillons, déformations, instabilité des articulations.
- Radiographies en charge : anomalies de longueur ou de verticalisation des métatarsiens, luxations.
- Examens complémentaires : échographie, scanner, IRM (lésions tendineuses, plaques plantaires), scintigraphie, EMG.
- Étude de la marche (baropodométrie) en collaboration avec un podologue.
Traitements médicaux
Principes
- Chaussures larges, souples, amortissantes, talons modérés,
- Semelles plantaires pour corriger les appuis,
- Rééducation et exercices d’assouplissement,
- Soins de pédicurie pour cors et durillons,
- Infiltrations si besoin,
- Immobilisation en cas de fracture de fatigue.
Risques sans traitement
Sans prise en charge, la douleur s’aggrave, les déformations se fixent et les durillons s’épaississent.
Des complications graves peuvent apparaître : cors infectés, fractures de fatigue, perte d’autonomie.
Traitement chirurgical
Indiqué en cas d’échec du traitement médical ou de handicap majeur.
Principes
Deux techniques possibles (souvent combinées) :
- Chirurgie conventionnelle (« à ciel ouvert ») : incision de quelques centimètres, correction sous contrôle direct de la vue.
- Chirurgie percutanée : petites incisions de quelques millimètres, gestes sous contrôle radiologique.
Gestes chirurgicaux
- Osseux : ostéotomies de raccourcissement (ex. ostéotomie de Weil, DMMO) ou de réorientation pour harmoniser les appuis.
- Articulaires : arthrolyses, réparation de plaques plantaires, blocages articulaires ou prothèses.
- Tendineux/musculaires : allongement ou transfert tendineux pour corriger les déformations ; allongement des gastrocnémiens si rétraction du mollet.
Hospitalisation et anesthésie
- En ambulatoire dans la majorité des cas, parfois quelques jours,
- Anesthésie locale, locorégionale, rachidienne ou générale selon l’intervention,
- Utilisation possible d’un garrot et de rayons X pendant l’opération,
- Durée variable : 15 minutes à quelques heures selon les gestes associés.
Suites opératoires
- Appui : souvent possible immédiatement avec chaussure post-opératoire ; parfois différé, surtout si chirurgie arrière-pied ou cheville,
- Œdème : fréquent, traité par repos, surélévation, contention,
- Pansements : doivent rester secs et propres,
- Immobilisation : parfois nécessaire (plâtre ou botte),
- Anticoagulants : prescrits selon les cas pour prévenir les phlébites,
- Douleurs : contrôlées par antalgiques.
Résultats attendus
- Reprise progressive d’une marche indolore et chaussage normal,
- Amélioration de la posture et de l’équilibre,
- Les lésions trop avancées peuvent laisser quelques séquelles.
Suivi post-opératoire
- Consultations régulières pour surveiller la cicatrisation et la consolidation,
- Radiographies de contrôle,
- Rééducation fonctionnelle adaptée,
- Suivi prolongé en cas de prothèse.
Risques
- Douleurs chroniques ou algodystrophie,
- Infection, troubles de cicatrisation,
- Phlébite, embolie pulmonaire,
- Déplacement ou casse du matériel chirurgical,
- Raideur articulaire,
- Récidive de la déformation,
- Mauvaise consolidation osseuse,
- Complications liées au tabac, aux médicaments ou à l’anesthésie.
Questions fréquentes
- Peut-on opérer les deux pieds en même temps ? Parfois possible sur l’avant-pied, déconseillé si gestes lourds sur l’arrière-pied ou la jambe.
- Douleur et arrêt de travail plus longs si double chirurgie ? Pas forcément, sauf complication.
- Reprise de la marche ? Souvent possible rapidement avec chaussures spéciales.
- Œdème après opération ? Fréquent et souvent bénin, mais doit alerter s’il s’accompagne de douleur importante.
- Fièvre ou cicatrice anormale ? Peut indiquer une infection → consulter rapidement.
- Douleur du mollet ou oppression respiratoire ? Peut indiquer une phlébite ou embolie → urgence médicale.
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