Hallux Rigidus

’hallux rigidus (ou hallux limitus) est une forme d’arthrose du gros orteil.
Il s’agit d’une usure dégénérative de l’articulation métatarso-phalangienne, le plus souvent sans cause connue.
Cette pathologie entraîne progressivement des douleurs, une perte de mobilité et parfois une gêne au chaussage.


Anatomie

L’hallux (gros orteil) est composé :

  • d’un métatarsien prolongé par deux phalanges,
  • articulés par l’articulation métatarso-phalangienne et l’articulation inter-phalangienne.

Ces articulations assurent :

  • un glissement indolore grâce au cartilage,
  • une stabilité par la capsule et les ligaments,
  • une mobilité grâce aux tendons,
  • et une sensibilité par les nerfs sensitifs.

La pathologie

Dans l’hallux rigidus, le cartilage s’use progressivement :

  • les surfaces osseuses frottent directement « os contre os »,
  • des excroissances osseuses (ostéophytes ou « becs de perroquets ») se développent,
  • l’articulation se déforme et s’enraidit.

Contrairement à l’hallux valgus, l’hallux rigidus ne dévie pas, il reste généralement axé mais devient raide et douloureux.


Les symptômes

  • Douleurs à la marche, surtout lors du déroulé du pas,
  • Raideur du gros orteil, limitation de la flexion,
  • Excroissances osseuses dorsales gênant le chaussage,
  • Inflammation locale (bursites).

Diagnostic

  • Clinique : raideur, douleur, excroissances palpables,
  • Radiographies en charge : pincement articulaire, disparition du cartilage, ostéophytes,
  • Examens complémentaires possibles : IRM, scanner, scintigraphie.

Traitements médicaux (non chirurgicaux)

  • Antalgiques, anti-inflammatoires, infiltrations,
  • Rééducation pour entretenir la mobilité,
  • Semelles rigides ou orthèses plantaires pour limiter la douleur,
  • Chaussage large et adapté.

Sans traitement, la déformation évolue, limitant la marche et augmentant les risques de bursite ou d’infection.


Traitement chirurgical

Proposé en cas d’échec du traitement médical ou de gêne importante.

Options chirurgicales :

  • Arthrolyse : retrait des ostéophytes pour redonner un peu de mobilité,
  • Ostéotomie : coupes osseuses pour décomprimer et réaligner l’articulation,
  • Prothèse métatarso-phalangienne : maintien d’une certaine mobilité, mais durée de vie limitée,
  • Arthrodèse métatarso-phalangienne : blocage définitif de l’articulation, correction fiable et durable, disparition de la douleur mais perte de mobilité.

Parcours opératoire

Hospitalisation

  • Ambulatoire (1 jour) ou quelques jours selon le cas.

Anesthésie

  • Locorégionale, rachidienne ou générale.
  • Choix selon l’état de santé et le type d’intervention.

Déroulement

  • Incision de quelques centimètres (dorsale ou médiale),
  • Techniques classiques, mini-invasives, percutanées ou arthroscopiques selon le cas,
  • Utilisation possible de matériel (vis, plaques, broches).

Suites opératoires

  • Douleur : bien contrôlée par antalgiques,
  • Appui : possible rapidement avec chaussure post-opératoire,
  • Œdème : fréquent, nécessite repos, surélévation, contention,
  • Pansements : doivent rester secs et propres,
  • Consultations de suivi : radiographies de contrôle, adaptation du chaussage, début de la rééducation.

Résultats attendus

  • Diminution des douleurs,
  • Reprise progressive de la marche normale,
  • Chaussage large repris en 4 à 6 semaines,
  • Sport léger possible dès 6 semaines, sports plus contraignants après 3 mois.

Risques

Comme pour toute chirurgie, certaines complications sont possibles :

  • Infection, troubles cicatriciels, phlébite,
  • Douleurs chroniques (algodystrophie, douleurs neuropathiques),
  • Raideur articulaire persistante,
  • Déplacement ou casse du matériel,
  • Retard ou absence de consolidation osseuse,
  • Métatarsalgies de transfert,
  • Risques liés au tabac, à l’anesthésie ou aux traitements associés.

Questions fréquentes

  • Opérer les deux pieds en même temps ? Parfois possible selon le chirurgien et le type d’anesthésie.
  • Reprise de la conduite ? Généralement déconseillée avant la fin du port de la chaussure médicale.
  • Œdème et douleurs après l’opération ? Fréquents et souvent bénins, mais doivent alerter en cas d’aggravation.

📄 Pour plus de détails, consultez la fiche complète en PDF :

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