Les prothèses de l’épaule

L’épaule est composée de plusieurs articulations dont la principale est l’articulation entre l’humérus (os du bras) et l’omoplate (contre le thorax). Ces deux os peuvent, soit suite à une fracture, soit à cause de l’arthrose (usure), nécessiter un remplacement pour espérer retrouver une mobilité utile et limiter les douleurs.


Causes / Indications

  • Arthrose de l’épaule (omarthrose) :
    Elle se traduit par des douleurs et un enraidissement progressif de l’épaule entraînant une limitation de la fonction. La gêne peut parfois se décompenser suite à une chute. Elle est la conséquence de maladies inflammatoires comme les polyarthrites, de micro-traumatismes répétitifs, d’une activité professionnelle ou sportive lourde ou répétitive. Les ruptures des tendons de la coiffe des rotateurs, les fractures et les nécroses de la tête humérale favorisent leur survenue.

  • Types selon la coiffe des rotateurs :
    On distingue :

    • Omarthrose centrée (coiffe conservée) → Prothèse anatomique

    • Omarthrose excentrée (coiffe rompu depuis longtemps) → Prothèse inversée

  • Fracture de la tête humérale :
    En cas de fracture déplacée de la tête humérale, les surfaces articulaires ne sont plus normales, les mobilités seront limitées avec un risque de douleur et de gêne fonctionnelle, surtout si le déplacement est important. Si la fracture ne peut pas être réparée, la mise en place d’une prothèse est envisagée.

  • Délai : Les résultats sont meilleurs si l’intervention est faite tôt après apparition des symptômes plutôt qu’après consolidation dans une mauvaise position, car en cas de retard l’épaule s’enraidit et les tendons se rétractent.


Suites post-opératoires

L’hospitalisation est d’environ une petite semaine. Les pansements sont renouvelés pendant une quinzaine de jours. Une attelle est à conserver pendant un mois pour limiter les douleurs et protéger les réparations tendineuses. La rééducation débute dès les tout premiers jours et se poursuit pendant 3 à 6 mois.

La kinésithérapie est adaptée à la pathologie et peut nécessiter un centre de rééducation spécialisé.


Complications possibles

      • Hématomes : surviennent surtout dans les suites de fractures, souvent résolutifs spontanément, mais parfois nécessitant une réintervention. Rarement, une transfusion peut être nécessaire.

      • Infection post-opératoire : peut nécessiter une prise prolongée d’antibiotiques, des soins locaux, voire une réintervention.

      • Raideur : pour limiter ce risque, il est nécessaire de suivre rigoureusement le programme de rééducation.

      • Instabilité ou luxation de la prothèse : pouvant nécessiter une réduction sous anesthésie, parfois le port prolongé d’une attelle, rarement une nouvelle intervention.

      • Algodystrophie ou capsulite rétractile : apparition possible, évolution sur plusieurs mois.

      • Lésions nerveuses : exceptionnelles, mais des fourmillements transitoires peuvent survenir.


    Vivre avec une prothèse

    Comme toutes pièces mécaniques, la prothèse peut s’user. Une surveillance annuelle est nécessaire avec consultation et radiographies.

    Une réintervention peut être nécessaire en cas d’usure de la prothèse ou de l’os autour de celle-ci (descellement). Les infections favorisent les descellements, d’où l’importance d’une bonne hygiène (dentaire, cutanée, urinaire).

    Il est recommandé d’éviter toute injection intra-articulaire dans l’épaule opérée.