La coiffe des rotateurs est l’ensemble des tendons qui recouvrent la tête de l’humérus. Elle assure le centrage de la tête humérale sur la glène de l’omoplate lors des mouvements d’élévation et de rotation du bras.
Soumise aux contraintes de l’activité de l’épaule, elle peut subir des microtraumatismes et se dégrader progressivement avec l’âge.
À l’occasion d’un traumatisme plus violent, une décompensation des lésions existantes peut entraîner des douleurs ou une raideur.
Les différents stades lésionnels
- Tendinite non rompue : inflammation du tendon, traitée médicalement.
- Rupture de la coiffe des rotateurs avec tendons de bonne qualité : nécessite généralement une intervention chirurgicale. Non réparée, la rupture s’étend, le tendon se rétracte, rendant une chirurgie ultérieure plus difficile et moins efficace.
- Rupture ancienne ou sur tendon de mauvaise qualité : le tendon rétracté perd ses capacités de contraction (dégénérescence graisseuse). L’évolution est progressive, parfois silencieuse, mais modifie la mécanique de l’épaule et favorise l’arthrose.
Le diagnostic repose sur l’examen clinique complété par des examens d’imagerie (radiographies, arthroscanner, IRM).
Traitements
Tendinite non rompue
- Rééducation indispensable : diminuer les douleurs, assouplir l’épaule, favoriser la guérison (plusieurs mois).
- Mise au repos de l’épaule.
- Antalgiques à la demande.
- Infiltrations d’anti-inflammatoires, répétables si besoin.
Rupture avec tendons de bonne qualité
- Seule la chirurgie permet la cicatrisation en bonne position.
- Indiquée sur une épaule souple, chez un patient motivé.
- Hospitalisation : 1 à 3 jours.
- Intervention sous arthroscopie → mise en contact du tendon avec l’os via des ancres.
- Attelle coude au corps pendant 45 jours (jour et nuit, retirée seulement pour la rééducation).
- Rééducation :
- passive dès le lendemain,
- balnéothérapie dès cicatrisation cutanée,
- active après retrait de l’attelle (45 jours).
- Conduite impossible pendant au moins 6 semaines.
- Rééducation : 3 à 6 mois selon évolution.
- Limites possibles : raideur, rupture itérative, compromis sur reprise des activités lourdes.
Rupture ancienne ou tendons de mauvaise qualité
- Réparation anatomique souvent impossible.
- Rééducation pour assouplir une épaule raide.
- En cas d’échec → chirurgie palliative : nettoyage articulaire sous arthroscopie (acromioplastie, ténotomie/tenodèse du long biceps).
- Hospitalisation : 1 à 3 jours.
- Attelle simple antalgique, retirée à la demande.
- Rééducation active et passive dès le lendemain.
- Objectif : améliorer les douleurs (n’empêche pas l’évolution vers l’arthrose).
- Chirurgie en ambulatoire possible (organisation stricte avec antalgiques, infirmiers, kinésithérapeute, accompagnant).
Complications possibles
Comme toute intervention, il existe des risques secondaires :
- Saignement / hématome : souvent résolutif, plus fréquent sous anticoagulants.
- Récidive : favorisée par tendons fragiles ou mauvaise observance du port d’attelle et de la rééducation.
- Décrochage du long biceps : après ténotomie/tenodèse → parfois aspect “Popeye” (bras bombé), esthétique modifiée mais fonction conservée.
- Retard de cicatrisation : favorisé par diabète, troubles circulatoires, tabagisme.
- Infection post-opératoire : douleurs anormales, rougeur, fièvre → soins locaux, antibiotiques, voire reprise chirurgicale.
- Algodystrophie : main gonflée, douloureuse, raideur persistante (évolution lente, séquelles possibles).
- Lésions nerveuses : fourmillements ou perte de sensibilité, souvent transitoires, parfois persistants.
- Déplacement du matériel : arrachement d’ancrage par effort intempestif → reprise chirurgicale possible, résultats moins bons.
- Réactions allergiques : au latex, antibiotiques, matériel implanté, pansements.
- Complications anesthésiques ou médicamenteuses : parfois graves, très rares.
Une ré-intervention est toujours possible en cas de complication. L’intervention peut être annulée le jour même en cas de circonstances exceptionnelles.
Informations complémentaires
Votre chirurgien est le mieux placé pour répondre à vos questions avant ou après l’intervention.
Chaque cas étant particulier, n’hésitez pas à échanger avec lui pour prendre une décision éclairée.
